Tradition figurative
Du 11 septembre au 15 novembre 2026 | Vernissage > Vendredi 11 septembre à 18h30
Quelque chose ou quelqu’un insiste, alors je fais demi-tour et lance au modèle : « Bouge pas. Je reviens. » Et je sors mes crayons. Je ne cherche pas toujours mes sujets : ils me retardent, me tombent dessus. J’ai en moi des fragments plus ou moins digérés de littérature, de cinéma ou de musique qui cohabitent à égalité avec un regard, une allure ou la vue de mon jean maculé de peinture. Réunis, ces fragments noircissent des carnets de notes visuelles, embryons fragiles de peintures.
D’après modèle, je cherche moins la ressemblance que la reconnaissance : quelque chose de plus intime que les seuls traits d’un visage. Quelque chose qui découle d’un temps partagé et d’une forme de négociation silencieuse des désirs de chacun. Les choses occupent également une place particulière dans mon travail car elles ont un pouvoir immense : celui de signifier la présence, l’absence, la revenance. Elles disent beaucoup, tout en ayant la délicatesse ou la pudeur de ne pas imposer leur histoire à celui qui les regarde.
La pratique de l’huile, par la patience qu’elle impose et sa capacité à accueillir les retours, sert mon intention de ralentissement. Et si je reste attachée à une forme de tradition figurative, j’en déplace les usages par le choix des supports et des sujets, comme avec ce cube peint à la surface duquel la mer change d’échelle, se déplie et se creuse. Là, le format devient sujet. Il déplace le regard, cherche d’autres manières d’appréhender l’espace, interrompt le cours des choses en forçant l’arrêt.
Revenir comme une petite désobéissance aux images préfabriquées et au mouvement général.
Bio
Anne-Catherine Belliot vit et travaille à Rennes. Artiste-peintre autodidacte, elle développe une peinture figurative d’après modèle. Elle fait ses premières armes dans les cabarets parisiens de Pigalle, où elle réalise les portraits des artistes qui s’y produisent. Cette pratique du modèle vivant dont découlent rencontres et hommages, demeure au cœur de son travail.
Depuis quatre ans, elle est accueillie à l’Abbaye de La Prée, résidence parrainée par l’Académie des Beaux-Arts, qui accompagne l’évolution de sa pratique. Si le portrait reste son territoire privilégié, elle explore également la nature morte, qu’elle envisage comme un exercice profondément vivant, marqué par l’attente, l’absence et l’imminence d’un retour. Sa peinture reste attachée à une forme de tradition figurative et académique, tout en cherchant à en déplacer les usages par le choix des supports et des sujets.
Après plusieurs participations à des salons et expositions collectives à Rennes et Paris (Art Capital, Salon d’Automne, Festival d’art contemporain du Grand Paris, Exporama…) son travail est distingué en février 2026 lors de sa première participation au Salon des Artistes Français au Grand Palais. Son portrait Le Poète y reçoit le prix Paul Paté et elle se voit également attribuer une mention. Je reviens est sa seconde exposition personnelle.
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Photo > ©Coryse Guillaumin ©Laurence Henneton