Points de contact

Du 12 juin au 31 août 2026 | Vernissage > vendredi 12 juin à 18h30

La pratique d’Anne-Laure Deylaud se niche dans les points de contact entre les êtres afin de faire advenir, dans cet espace précaire sans cesse remis en jeu, l’équilibre nécessaire entre pulsion et précaution. En maniant les souffles partagés et en cultivant des baisers furtifs, elle évoque la façon dont nous nous construisons le long de la frontière mouvante entre notre corps et celui des autres.

Les pièces exposées donnent la mesure de tous ces gestes infimes qui nous relient, rendant ainsi tangibles les échanges de pouvoir qui s’y jouent. Car ces jeux faits de vulnérabilité accordée et de contraintes négociées ne sont pas dénués d’ambiguïté. En fin de compte, c’est peut-être dans la frontalité d’une action non préméditée, dans la contradiction assumée des sentiments ou dans l’inconfort d’un objet qui nous résiste, que réside la possibilité de la juste mesure.

« Le travail d’Anne-Laure Deylaud génère des espaces de déséquilibre, des seuils inconfortables où émergent des rituels lancinants. Comme l’écrivait Michel Lebelhomme à l’occasion de l’exposition Soleil Noir (galerie Awen, Rennes, 2021), il s’agit d’« un exil immobile, une tentative de fuite saturée du bruit de la solitude », où « il n’est pas question de séduire le regard mais de révéler une brutalité impolie, un passage de voir à regarder ».

À l’occasion de l’exposition Handle With Care à la galerie du Grand Angle, l’artiste présente un ensemble de pièces qui interrogent le contact entre les corps, de l’impact à la fusion. Les pièces en verre soufflé naissent du geste d’expiration : le souffle vient au contact de la matière et la façonne, parfois jusqu’à l’implosion, dans de poétiques Souffles joints où deux respirations se rejoignent.

La série Blasted présente quant à elle un ensemble de pièces en céramique réalisées sur des titres de métal et où le geste de percussion devient principe générateur de formes météoritiques.

Enfin, les peintures Eye Contact et Oculolinctus mettent en scène des corps traversés par une forme d’érotisme bataillien, évoluant dans des scènes ambigües où le regard devient zone de potentielle contamination ».

Paulin Larrieu

Bio

Anne-Laure Deylaud vit et travaille entre Paris et Nantes. Parallèlement à ses études à l’université de Rennes 2 et aux Beaux-Arts de Nantes, elle a notamment exposé avec le Frac Bretagne et le collectif Open It. Dans sa production mêlant peinture, sculpture, performance, photographie et installation, elle manie les références à l’histoire de l’art et l’énergie de la scène underground, pour proposer un travail de la matière qui ne fait jamais l’économie du corps.

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©photos Victor Chaplais